Le Fils de l’Homme

L’Amour

➙ Après avoir encouragé à « l’Amour » de la Paix, puis à « l’Amour » de l’objectivité, maintenant, pour ce troisième pas, il m’apparaît évident et indispensable de définir « l’Amour » entre les êtres humains, ce qu’il devrait être, ce qu’il est ou prétend être dans la réalité des faits, de sa mise en pratique à notre époque.

➙ Tout d’abord, il convient de considérer le fait que depuis l’époque du Christ, l’humanité a évolué ou plutôt régressé.

Les motivations restent les mêmes. Seules les formes extérieures ont changé. Autrement dit : les fautes sont toujours présentes et seule la manière de les vivre s’est modifiée « en s’habillant avec d’autres vêtements » et « d’autres mots ».

L’intellect des humains s’est considérablement développé… et même outrageusement ! Les mœurs aussi… et pas dans le bon sens ! Quant à la moralité ? Elle n’existe plus ! Tous les humains ont horreur qu’on leur fasse la morale !

Ainsi, les humains n’emploient plus les mêmes mots, ni les mêmes expressions, pour justifier et qualifier leurs actes. En outre, ils ne se soucient nullement de la définition originelle et immodifiable des mots.

Tout cela a contribué à ce que les notions d’hier ne correspondent pas à celles d’aujourd’hui. Elles se sont dégradées, déformées, engourdies…

« Par la faute des êtres humains qui, dans leur ridicule suffisance, se sont éloignés de Dieu en raison du développement excessif et unilatéral de leur intellect. »

« Telle est l’origine de la grande confusion qui règne parmi tous les humains ; ils se comprennent véritablement de moins en moins les uns les autres ce qui permet à la discorde, à la méfiance, aux calomnies, à l’envie et à la haine de croître et de fleurir. »

Autrement dit : ce qui permet à tous ces maux de s’amplifier et de se manifester, de plus en plus ouvertement, dans les faits et les événements de la vie quotidienne.

C’est ainsi que « l’Amour » est devenu le mot le plus galvaudé, le plus dévoyé, toujours employé à tort par les humains d’aujourd’hui.

En effet, tout ce qu’ils désignent par ce mot « Amour » – et ses dérivés – est en réalité tout ce que l’on veut sauf « l’Amour Vrai et Pur » lequel n’est pas terrestre, matériel et ne concerne donc nullement le corps physique des humains avec ses attraits, ses instincts, ses sens… ni avec les sentiments, les passions qui proviennent de l’intellect lequel est un produit du cerveau, organe matériel du corps physique.

C’est pourquoi l’horrible expression de notre époque : « faire l’amour » est la plus honteuse, la plus déshonorante inventée par les humains.

➙ C’est une grave faute du genre humain d’avoir rabaissé « l’Amour Vrai et Pur » au niveau de sa « sensualité », – expression à la mode ! – de son ivresse des sens, de son corps physique éphémère qui n’est, en réalité, que le vêtement de son esprit, seulement utile et nécessaire sur cette Terre afin de permettre à son esprit éternel d’évoluer selon son libre arbitre.

…et l’être humain actuel présente une image lamentable, grotesque… en tant que créature de Dieu : courbé et obsédé par son sexe, esclave de son corps, de ses instincts et de ses sentiments, constamment attiré par le corps des autres, scrutant, à la recherche de la jouissance de tous ses sens : manger plus qu’il n’est nécessaire c’est-à-dire se goinfrer, s’enivrer d’alcool , des drogues, du vice de fumer, des films pervers et immoraux, des corps dénudés, des biens matériels… afin de satisfaire ses instincts, ses pulsions, ses convoitises…

…jamais satisfait, toujours mécontent, envieux, indigne dans son avidité de sensations nouvelles, et il a l’audace de justifier avec le mot « Amour » ce comportement égoïste, cette honteuse débauche de ses sens, cette frénésie de jouissance terrestre par tous les pores de son corps…

…avec ses mœurs perverses et immorales… ayant atteint leur apogée !… notamment en légalisant ce qui était jusqu’à présent sévèrement condamné. Et la loi nouvelle est présentée et justifiée comme étant un progrès. Et l’on glorifie, encore aujourd’hui, la personne qui s’est dévouée, corps et « âme », pour la faire adopter !

Il suffit que l’on décrète que « le mal » est soudain devenu « le bien » pour que les humains soient satisfaits et célèbrent leur triomphe, en se livrant, désormais libérés, à tous les excès d’une vie sans frein, sans pudeur, sans morale… les avertissements de la conscience sont ainsi évacués : plus de pratiques clandestines, c’est légal !

Pour d’autres, ce sont des provocations publiques : plus de honte ! Plus de culpabilité ! Le même droit pour tous, enfin obtenu aussi par une loi nouvelle… plus de marginaux.

Est-ce un progrès ou un nivellement par le bas !?

Tout s’est dégradé avec une rapidité incroyable. Les humains se sont fabriqués des œillères afin de ne pas voir plus loin que leur nombril !

Or, les infractions hostiles et provocatrices contre les Lois Naturelles de la Création de Dieu demeurent et ne resteront pas impunies. Les lois humaines ne peuvent rien y changer !

➙ Cependant, devant ces faits, ni la violence, ni les manifestations pacifiques ne sont admises car « les rétributions, la vengeance et le châtiment appartiennent à Dieu » et « chacun est tenu de récolter ce qu’il a semé ».

Le pire est atteint, maintenant la chute et la perdition suivent inévitablement…
Nous ne devons pas nous opposer à la Justice Divine. Laissons s’accomplir les Lois Parfaites de « Notre Père qui es aux Cieux ».

À présent, évoquons plutôt ce qu’est « l’Amour Vrai et Pur » !

Tous les croyants savent – ou devraient savoir – que « Dieu est Amour » et pourtant cela ne les empêche pas de croire à des doctrines qui vont à l’encontre de cette affirmation …de cette Parole de Vérité !

Comme par exemple… le faux enseignement qui prétend que Dieu le Père aurait envoyé Son Fils sur Terre pour qu’Il subisse, de la part des humains, le plus effroyable des martyres…

Serait-ce là de l’Amour… ou de la cruauté ?

En réalité, les humains, dans leur haine et leur barbarie ont assassiné « l’Amour de Dieu » incarné en Jésus Son Fils.

Ainsi, à celui qui croit vraiment que Dieu est Amour, il est nécessaire de préciser aujourd’hui : « Dieu est la Source originelle de l’Amour. »

Par conséquent, seul celui qui puise consciemment à cette Source peut connaître et vivre dans l’Amour Vrai et Pur. L’Amour vient de Dieu. Il est un rayon, une onde qui peut toucher l’esprit de l’être humain seulement lorsque celui-ci s’est déjà ouvert au rayon de la Pureté par une Fidélité authentique et inaltérable qui pense avant tout au prochain.

➙ Le rayon de l’Amour ne peut pas toucher celui qui est infidèle. Car un véritable Amour sans Fidélité n’existe pas, de même que ne peut exister la véritable Fidélité sans Amour.

A cela il faut ajouter que : l’Amour Divin est inséparable de la Justice Divine la plus rigoureuse.

Donc l’Amour, la Pureté et la Justice font un. Les trois forment un tout et sont inséparables. Lorsque l’on évoque l’Amour Vrai et Pur, il faut donc y associer consciemment la Pureté et la Justice.

Étant donné que :
– l’Amour véritable est en grande partie fait de sévérité…
– la Pureté n’admet aucun accommodement, aucune excuse, Elle se manifeste sur Terre par une fidélité exemplaire… dans tous les domaines : pensées, paroles et actes.
– la Justice, même la plus rigoureuse, est l’expression de l’Amour Pur désintéressé, qui ne pense jamais à soi, mais uniquement au bien spirituel de l’être aimé, et agit en conséquence, même au prix d’un renoncement personnel. Il ne se vante pas, il ne s’enfle pas d’orgueil, il n’attend pas de récompense.

« L’Amour est tout. Il surmonte tout. Il ne tient compte que de ce qui est utile à l’autre, que cela lui plaise ou non. Il est toujours prêt à servir, dans son vouloir d’aider son prochain en s’oubliant soi-même, alors son être tout entier s’engage sans réserve.
« L’Amour ne repose que dans la Justice et c’est uniquement là que réside aussi le Pardon Divin. »
« L’Amour peut tout mais à condition qu’il ne s’agisse pas de « l’amour » exigeant et purement terrestre, empreint de jalousie et d’autres vices de ce genre. »
« L’Amour est le plus grand don de Dieu.
Il est aussi la force suprême, la puissance illimitée dans les secrets de l’existence véritable. »
« L’Amour est le meilleur soutien dont l’homme dispose » à chaque instant de sa vie !
« Représentez-vous l’Amour Divin clair comme le cristal, rayonnant, pur et grand, et vous constaterez que l’Amour n’est sur Terre qu’une hideuse caricature de ce qu’il est en réalité. »

Mais l’humanité apprendra bientôt, lorsqu’il sera trop tard, « combien l’Amour de Dieu est éloigné de la mollesse, de la complaisance et de la faiblesse qu’on a eu l’audace d’inventer à son sujet… »

Un faux amour terrestre qui n’est en réalité que de l’amour-propre, de l’égoïsme ou de la tendresse ridicule, ainsi qu’une indulgence coupable qui, en fait, encourage le mal au lieu de le combattre.

➙ Ainsi, « la Pure Vérité apportée par Jésus fut déformée autant dans son expression que dans son sens. »

Lorsqu’Il a enseigné : « aime ton prochain » cela ne veut pas signifier faire tous ses caprices, tout supporter : ses défauts, ses faiblesses, sa jalousie, son penchant à dominer… etc.…

Autres citations du Message du Fils de l’Homme :

Comment saisir la Parole du Seigneur dans son vrai sens :

« Cependant, le fait d’utiliser un enseignement pur principalement à des fins personnelles est encore plus grave que le fait de déformer, par ignorance, l’enseignement lui-même.
Tout cela se manifestera maintenant dans le Jugement ! Mais sur la personne des humains qui ont ainsi péché contre l’Esprit, cet Esprit qui n’a jamais cessé de leur dispenser, comme notion fondamentale pour une existence voulue par Dieu dans cette création, ce seul enseignement : “Aime ton prochain” c’est-à-dire respecte-le en tant que tel ! C’est en ceci que réside ce commandement d’airain : “Tu n’as jamais le droit de nuire sciemment à ton prochain, que ce soit à son corps ou à son âme, à ses biens matériels ou à sa réputation !”
Quiconque n’observe pas ce commandement et agit différemment ne sert pas Dieu mais les ténèbres auxquelles il se livre comme un instrument !
Celui-là ne connaît ni Dieu ni Sa Très Sainte Volonté qui réside dans Sa Parole. Par là même il ne connaît pas non plus la Parole dans Son véritable sens !
Or cela, chacun le démontre lui-même nettement par son genre d’activité, donc par son parler et ses actes. Vous distinguerez ainsi immédiatement celui qui sert réellement Dieu de celui qui ne sert que les ténèbres !
Prenez ces paroles comme guide… »

Ainsi, lorsqu’il est précisé « aime ton prochain » c’est-à-dire « respecte-le en tant que tel » cela ne veut pas dire que l’on est tenu de tout respecter, même ce qui n’est pas digne de l’être.

Peut-on respecter un être qui manifeste ses défauts à votre égard, ou qui est méchant, ou qui entrave votre libre arbitre…

Car il est aussi précisé dans la Parole de Dieu écrite par le Fils de l’Homme :

« Vous ne devez pas tolérer en silence qu’on vous porte préjudice, sinon ce serait encourager le mal et le renforcerait. »

…Ceci équivaut à faire régner la Justice !
Comme la Parole du Seigneur le précise : « si donc il est écrit “aimez vos ennemis” cela signifie “faites ce qui leur est utile. Châtiez les donc s’il n’est pas d’autres moyens de les faire revenir de leur erreur !”
Cela revient à les servir, à condition de faire régner la Justice car l’amour ne saurait être dissocié de la Justice ; ils sont un ! »
« Or, ce que vous faites à autrui, vous ne le faîtes en réalité qu’à vous-mêmes puisque selon les Lois Éternelles tout retombe obligatoirement sur vous, le bien comme le mal, que ce soit déjà ici ou dans l’au-delà… »
« Vous avez surtout été gravement intoxiqués et mis en danger par la représentation erronée de l’Amour divin que vous avez tenté de dépouiller de toute pureté, de toute force et de toute clarté pour le recouvrir en échange d’une mollesse malsaine et d’une indulgence nuisible, ce qui ne pouvait que vous précipiter dans la paresse d’esprit et par conséquent dans la perdition. »
« Gardez-vous de la funeste déformation de la notion du Saint Amour de Dieu ! Vous tombez ainsi dans une somnolence qui, agréable au début, se transforme ensuite en un sommeil mortel. »
« Il n’y a pas de véritable Amour dans l’indulgence ni dans une bonté qui pardonnerait tout ; cette erreur est comme une drogue qui ne fait que bercer et affaiblir les esprits jusqu’à la lassitude, elle engendre finalement la paralysie totale et provoque la mort éternelle, puisqu’il n’est alors plus possible de se réveiller en temps voulu. »
« Seule la froideur sévère de la Pureté divine peut percer la lassitude et ouvrir au véritable Amour le chemin qui mène à votre esprit. »
« La mollesse porte préjudice, aussi bien à vous-mêmes qu’à ceux auxquels vous croyez ainsi faire plaisir. »

Pour conclure :

En se détournant de Son Créateur, la créature humaine s’est coupée du rayon de l’Amour.

Et elle a cru trouver un substitut à cet Amour perdu dans la jouissance de tous les sens et instincts de son corps terrestre.

C’est, en premier lieu, le corps de la femme, de plus en plus dénudé, qui s’offre comme un appât, et décuple l’instinct sexuel de l’homme. Ensuite se manifeste le jeu de la séduction, hypocrite et égoïste, car motivé uniquement par le besoin de satisfaire cet instinct surexcité. Et l’on s’indigne des viols de plus en plus fréquents !

D’autre part, celui qui croit « aimer son prochain » et donc « le respecter en tant que tel » sans vivre consciemment cette liaison d’Amour avec Dieu, la Source de l’Amour, est dans l’illusion. Il se trompe et s’abuse lui-même, en confondant ses sentiments issus de son intellect avec « l’Amour Vrai et Pur » qui, Lui, vient de Dieu et ne peut que, sous certaines conditions – précédemment définies – toucher uniquement son esprit.

Que la gratitude vous comble et s’élève de votre esprit pour « ce plus grand don de Dieu », à qui vous devez votre existence même !

La voie la plus directe, le secours le plus puissant, la dernière bouée de sauvetage.

Message du Fils de l’Homme.
Extrait de « L’homme et son libre arbitre ».

Cette puissance qui tient du miracle et dont dispose chaque être humain tout au long de son existence terrestre, cette puissance qui est constamment prête à lui venir en aide, cette puissance qui peut entraîner la libération du karma, c’est l’amour ! Non pas l’amour exigeant propre à la matière dense, mais le grand et pur amour qui ne connaît ni ne veut rien d’autre que le bien spirituel de l’être aimé, sans jamais penser à soi. Il fait lui aussi partie de la Création matérielle, il n’exige aucun renoncement, aucune ascèse, mais ne veut toujours que ce qu’il y a de mieux pour l’autre ; il s’inquiète pour lui, souffre avec lui, mais partage aussi sa joie.

La base de cet amour est la nostalgie d’un idéal. Mais l’amour pousse aussi celui qui est conscient de sa responsabilité, donc l’homme mûr, et lui permet de déployer jusqu’à l’héroïsme la totalité de ses facultés si bien que ses forces créatrices et combatives se trouvent tendues à l’extrême. L’âge n’impose ici aucune limite ! Dès qu’un être humain s’ouvre à un amour pur, qu’il s’agisse de l’amour de l’homme pour la femme, ou inversement, ou bien de l’amour pour un ou une amie, ou encore pour les parents ou pour un enfant, peu importe ! A condition qu’il soit pur, il apporte comme premier don l’occasion de se libérer de tout karma - un karma qui, dès lors, ne se manifeste plus que de façon purement « symbolique » ; il permet l’épanouissement du vouloir libre et conscient, car ce dernier peut s’orienter uniquement vers le haut. La conséquence toute naturelle en est le commencement de l’ascension et la libération des chaînes indignes qui le retiennent.

La première intuition qui se manifeste à l’éveil d’un amour pur est que l’on se sent indigne vis-à-vis de l’être aimé. En d’autres termes, cet état se caractérise par l’apparition de la modestie et de l’humilité, donc par la naissance de deux grandes vertus. C’est alors que s’éveille l’ardent désir d’étendre une main protectrice sur l’autre afin qu’il ne lui arrive aucun mal, mais que son chemin le conduise au contraire sur des sentiers fleuris et ensoleillés. Vouloir être « aux petits soins » pour quelqu’un n’est nullement une formule creuse ; elle désigne au contraire fort justement l’intuition naissante.

Cette façon d’agir équivaut en effet à un renoncement de soi, à un immense désir de servir qui suffirait à lui seul pour s’affranchir rapidement de tout karma, à condition que ce vouloir persiste et ne fasse surtout pas place à des pulsions purement sensuelles. Finalement, l’amour pur s’accompagne encore de l’ardent désir de pouvoir accomplir pour l’être aimé quelque chose de vraiment grand au sens noble du terme, de ne pas le blesser ni l’offenser par le moindre regard, la moindre pensée ou la moindre parole, et à plus forte raison par un vilain geste. Ainsi naissent les égards les plus délicats.

Il importe ensuite de conserver ces pures intuitions et de les placer au dessus de toute autre chose. Dans ces conditions, personne ne voudra ni ne fera jamais rien de répréhensible. Il en sera d’ailleurs incapable car il dispose par là de la meilleure protection, de la plus grande force ainsi que des conseillers et des aides les mieux intentionnés.

Voilà pourquoi le Christ Lui aussi attire sans cesse l’attention sur la puissance suprême de l’amour : lui seul surmonte tout, il peut tout, mais toujours à condition qu’il ne s’agisse pas de l’amour exigeant et purement terrestre empreint de jalousie et d’autres vices de ce genre.

Dans Sa Sagesse, le Créateur a ainsi lancé dans la Création une bouée de sauvetage que tout être humain rencontre plus d’une fois au cours de son existence sur cette Terre afin qu’il puisse s’y accrocher et prendre son essor.

Cette aide est là pour tous ! Elle ne fait aucune distinction d’âge ni de sexe, elle n’opère aucune discrimination entre pauvres ou riches, et pas davantage entre « gens de qualité » ou « petites gens ». Voilà pourquoi l’amour est effectivement le plus grand don de Dieu. Celui qui s’en saisit est sûr d’être sauvé de toute détresse et de tout abîme. Il se libère et recouvre ainsi bien vite et on ne peut plus facilement l’usage d’un libre arbitre inaltéré qui le conduit vers le haut.

Et s’il lui arrive de se trouver dans un abîme qui ne peut que le plonger dans le désespoir, l’amour est capable de l’en arracher avec la violence de l’ouragan et de le faire remonter vers la Lumière, vers Dieu qui Lui-même est Amour. Dès qu’un amour pur s’éveille en l’être humain, peu importe ce qui lui a donné naissance, il obtient aussitôt la liaison la plus directe avec Dieu, Source originelle de tout Amour, et il reçoit par là le secours le plus puissant. Mais si un homme possédait tout et qu’il n’ait pas l’amour, il ne serait rien d’autre qu’un airain qui résonne ou un grelot qui retentit ; il serait donc sans chaleur, sans vie, c’est-à-dire… rien !

Cependant, s’il éprouve l’amour véritable envers l’un de ses semblables, un amour qui n’aspire qu’à offrir à l’être aimé lumière et joie, un amour qui ne tente pas de le rabaisser par des convoitises insensées mais s’efforce au contraire de l’élever en le protégeant, il le sert sans même avoir conscience de se mettre véritablement à son service ; à vrai dire, il devient ainsi un donateur, un bienfaiteur désintéressé. Et cette façon de servir l’affranchit !

Beaucoup se diront dans ce cas : Voilà exactement ce que je fais, ou du moins ce à quoi j’aspire dès maintenant. Je mets tout en œuvre pour essayer de rendre la vie facile à ma femme ou à ma famille et pour leur faire plaisir.

Je me donne du mal pour leur procurer les moyens de mener une existence confortable, agréable et exempte de soucis.

Ils seront des millions à se rengorger, à se sentir satisfaits d’eux-mêmes et à se considérer comme ô combien bons et nobles ! Or, ils se trompent. Tel n’est pas l’amour vivant. Ce dernier est loin d’être aussi exclusivement terrestre ; au contraire, il incite en même temps avec beaucoup plus de force à rechercher ce qui est plus élevé, plus noble, ce qui est idéal. Assurément, personne ne saurait impunément, c’est-à-dire sans subir de préjudices, oublier les contingences terrestres ; l’être humain ne doit pas les négliger, mais elles ne doivent pas pour autant devenir l’unique préoccupation de ses pensées et de ses actes. Au-dessus de tout cela, grand et fort, plane le désir - resté si mystérieux pour beaucoup - de pouvoir être véritablement à leurs propres yeux ce qu’ils sont aux yeux de ceux qui les aiment.

Or, avec ce désir, ils sont sur le bon chemin, celui qui conduit invariablement vers le haut.

L’amour vrai, l’amour pur, n’a pas besoin de plus amples explications. Chacun ressent parfaitement quelle est sa vraie nature, mais il ne veut pas se l’avouer lorsqu’il voit ses fautes et ressent combien, en vérité, il est encore loin d’aimer de façon vraie et pure. Mais il lui faut alors se ressaisir. S’il ne veut pas aboutir à un échec, il ne doit ni hésiter ni s’arrêter, car il ne peut plus y avoir pour lui de libre arbitre sans véritable amour.